La préoccupation internationale concernant la situation des droits de l’homme en Iran se confirme avec l’adoption renouvelée d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies

Le 18 décembre 2025, l’Assemblée générale des Nations Unies a de nouveau adopté sa résolution annuelle relative à la situation des droits de l’homme en République islamique d’Iran (A/80/545 DR 48). La résolution a été adoptée par 78 voix pour, 27 contre et 64 abstentions, confirmant que la majorité de la communauté internationale demeure préoccupée par la situation des droits humains en Iran.
Le vote en séance plénière fait suite à l’adoption préalable du projet de résolution par la Troisième Commission de l’Assemblée générale le 19 novembre 2025, lors de laquelle le texte avait recueilli 79 voix pour, 28 contre et 63 abstentions. La comparaison des deux scrutins montre que les variations observées sont limitées et s’expliquent principalement par des différences de présence ou d’absence de certaines délégations, plutôt que par des changements substantiels de positions politiques. Le message central de la communauté internationale demeure donc inchangé et reflète la persistance de préoccupations structurelles concernant les violations graves des droits de l’homme en Iran, ainsi que le maintien de la surveillance exercée par les mécanismes onusiens.
Quelques jours avant le vote en séance plénière, 85 organisations iraniennes et internationales de la société civile ont publié une déclaration conjointe adressée aux membres de l’Assemblée générale. S’appuyant sur le rapport du Secrétaire général des Nations Unies, le rapport du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran et les conclusions de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits, cette déclaration a averti que des violations généralisées, systématiques et organisées des droits de l’homme en Iran pourraient constituer des crimes contre l’humanité. Les organisations signataires ont appelé à l’adoption de la résolution avec un langage renforcé, à la poursuite des efforts en matière de responsabilité internationale et à une protection effective de la société civile, des défenseurs des droits de l’homme et des groupes vulnérables.
S’agissant des étapes à venir, l’adoption de cette résolution devrait contribuer à la poursuite et au renforcement du mandat du Rapporteur spécial, à la préservation et au développement des mécanismes indépendants de documentation et de conservation des preuves, ainsi qu’à une meilleure coordination entre les organes des Nations Unies chargés des droits de l’homme. Par ailleurs, les discussions relatives aux voies de responsabilité internationale, notamment par le biais de mécanismes judiciaires internationaux ou de l’exercice de la compétence universelle au niveau national, devraient rester à l’ordre du jour des États et de la société civile. Les avancées dans ces domaines dépendront largement de la continuité de l’engagement diplomatique, de la cohérence des États soutenant la résolution et du rôle actif de la société civile dans la collecte et la transmission d’informations crédibles.
Dans l’ensemble, la réadoption de la résolution A/80/545 DR 48, la relative stabilité des tendances de vote et la mobilisation coordonnée de la société civile démontrent que la situation des droits de l’homme en Iran demeure fermement inscrite à l’ordre du jour officiel de l’Assemblée générale des Nations Unies, soulignant la responsabilité de la communauté internationale de dépasser la simple expression de préoccupations pour s’orienter vers des mesures concrètes de responsabilité et de soutien aux victimes.
Répartition des votes sur la résolution de l’Assemblée générale A/80/545 DR 48
✅ États ayant voté POUR (78)
Afghanistan, Albanie, Algérie, Andorre, Antigua-et-Barbuda, Argentine, Australie, Autriche, Azerbaïdjan, Barbade, Belgique, Bénin, Bolivie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Burundi, Cabo Verde, Canada, Chili, Colombie, Costa Rica, Croatie, Chypre, République tchèque, Danemark, République dominicaine, Équateur, El Salvador, Estonie, Finlande, France, Géorgie, Allemagne, Ghana, Grèce, Grenade, Guatemala, Haïti, Honduras, Hongrie, Islande, Irlande, Israël, Italie, Japon, Liechtenstein, Lituanie, Luxembourg, Malawi, Malte, Mexique, États fédérés de Micronésie, Monaco, Monténégro, Maroc, Mozambique, Namibie, Pays-Bas, Nouvelle-Zélande, Norvège, Palaos, Panama, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Paraguay, Pérou, Pologne, Portugal, République de Corée, République de Moldova, Roumanie, Saint-Marin, Seychelles, Slovénie, Espagne, Suède, Suisse, Ukraine, Royaume-Uni, États-Unis d’Amérique, Uruguay, Vanuatu, Yémen.
❌ États ayant voté CONTRE (27)
Arménie, Bélarus, Brunéi Darussalam, Cuba, République populaire démocratique de Corée, Érythrée, Inde, Indonésie, Iran, Irak, Mali, Nicaragua, Niger, Oman, Pakistan, Fédération de Russie, Sri Lanka, Soudan, République arabe syrienne, Tadjikistan, Thaïlande, Türkiye, Turkménistan, Ouzbékistan, Venezuela, Viet Nam, Zimbabwe.
⚪ États s’étant ABSTENUS (64)
Angola, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Belize, Bhoutan, Botswana, Brésil, Burkina Faso, Cambodge, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Chine, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Dominique, Égypte, Guinée équatoriale, Eswatini, Éthiopie, Fidji, Gabon, Gambie, Guinée, Guinée-Bissau, Guyana, Jamaïque, Jordanie, Kazakhstan, Kenya, Kiribati, Koweït, Kirghizistan, République démocratique populaire lao, Liban, Lesotho, Libéria, Libye, Madagascar, Malaisie, Maldives, Îles Marshall, Mauritanie, Maurice, Mongolie, Myanmar, Nauru, Népal, Nigéria, Macédoine du Nord, Philippines, Qatar, Rwanda, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Samoa, Arabie saoudite, Sénégal, Serbie, Sierra Leone, Singapour, Slovaquie, Îles Salomon, Somalie, Afrique du Sud, Soudan du Sud, Suriname, Timor-Leste, Togo, Tonga, Trinité-et-Tobago, Tunisie, Tuvalu, Ouganda, Émirats arabes unis, Zambie.