Déclaration (2) Iran : bilan humain préoccupant et urgence d’une réponse internationale fondée sur les droits humains

05 janvier 2026

Depuis notre déclaration du 31 décembre 2025, les manifestations et grèves se sont poursuivies et étendues à de nombreuses villes et provinces, tandis que la réponse des autorités s’est caractérisée par un recours accru à la force, une militarisation de l’espace public et une multiplication des arrestations.

Selon les informations recoupées de différentes sources, 25 personnes ont été confirmées mortes depuis le début du mouvement. Par ailleurs, 9 autres décès ont été signalés mais ne peuvent, à ce stade, être confirmés de manière indépendante, portant le nombre total de morts rapportés à 34 personnes. Parmi les personnes tuées figurent des jeunes et des mineurs.

En outre, au moins une cinquantaine de personnes ont été blessées, certaines par des tirs directs ou des armes à projectiles, et plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées, notamment des étudiants, des travailleurs, des manifestants pacifiques et des militants civiques.

Dans plusieurs localités, des témoignages concordants font état de l’usage de balles réelles, de gaz lacrymogènes tirés à courte distance, de passages à tabac lors des interpellations, ainsi que de transferts de personnes arrêtées vers des lieux de détention non officiels. Des familles demeurent sans nouvelles de proches arrêtés, ce qui suscite de graves inquiétudes quant au risque de détentions au secret, de torture, de mauvais traitements et de disparitions forcées.

Ces éléments indiquent que la réponse sécuritaire mise en œuvre ne se limite pas au maintien de l’ordre public, mais vise à restreindre l’exercice des droits à la liberté de réunion pacifique, d’expression et d’association, notamment par le ciblage répété des étudiants, des travailleurs, des journalistes et des défenseurs des droits humains.

Nous rappelons que le droit à la vie, l’interdiction absolue de la torture, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’expression sont protégés par le droit international et ne souffrent aucune dérogation. Le maintien de l’ordre ne saurait en aucun cas justifier l’usage létal ou disproportionné de la force contre des manifestants pacifiques, ni des arrestations arbitraires suivies de détentions au secret.

Compte tenu du nombre élevé de morts, de blessés et de personnes arrêtées documentés, les réponses internationales limitées à des appels généraux à la retenue demeurent insuffisantes.

Nous appelons la communauté internationale, en particulier les Nations unies et leurs États membres, à :

Renforcer de manière urgente les mécanismes internationaux indépendants d’enquête et de documentation afin d’inclure les événements récents et d’assurer la préservation des preuves.

Intensifier la pression diplomatique par des démarches coordonnées, publiques et sans ambiguïté condamnant la répression violente et les arrestations arbitraires.

Activer des mécanismes de responsabilité ciblés, conformes au droit international, à l’encontre des individus et entités impliqués dans de graves violations, notamment les atteintes au droit à la vie et à l’intégrité physique.

Mettre en œuvre des mesures concrètes de protection pour les personnes exposées à des risques immédiats, y compris les défenseurs des droits humains, les journalistes, les étudiants et les témoins.

Les revendications exprimées à travers ces mobilisations traduisent une demande persistante de justice sociale, de dignité et de participation politique, portée par des segments larges et divers de la société.

La solidarité internationale doit se traduire par des actes clairs, cohérents et fondés sur le droit. Protéger la vie, prévenir de nouvelles violations, obtenir la libération des personnes détenues arbitrairement et lutter contre l’impunité constituent des obligations découlant des engagements internationaux en matière de droits humains.

Centre Zagros pour les Droits de l’Homme