Compte rendu de l’événement parallèle : Droits humains en République arabe syrienne – 7 septembre 2026

Le 7 septembre 2026, le Centre Zagros pour les Droits de l’Homme a organisé, en marge de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, un événement intitulé « Human Rights in the Syrian Arab Republic ». Modérée par Mme Paria SAREMI, avocate internationale des droits humains et représentante du Centre Zagros auprès de l’ONU à Genève, la rencontre a réuni des défenseurs appartenant à différentes communautés syriennes.

Dans son introduction, Mme SAREMI a rappelé que la transition politique n’avait pas encore apporté aux Syriens la sécurité, la justice et la protection attendues. Elle a évoqué les homicides illégaux, les détentions arbitraires, la torture, les disparitions forcées, les déplacements et les violences sexuelles et fondées sur le genre. Elle a également souligné la vulnérabilité particulière des Alaouites, des Druzes, des Chrétiens et des Kurdes, ainsi que les risques auxquels restent confrontés les femmes, les filles et les défenseurs des droits humains.

Sawsan Diko a présenté les revendications essentielles du peuple kurde : reconnaissance constitutionnelle, protection de la langue et de la culture kurdes, règlement définitif des problèmes de citoyenneté, participation véritable à la rédaction de la future Constitution et représentation effective dans les institutions. Elle a défendu une décentralisation démocratique au sein d’une Syrie unie, fondée sur l’égalité, la dignité et la participation des femmes et des hommes.

Haya Flayhan et Aysr Abd Alwali ont décrit les violences, les déplacements et les restrictions imposées aux communautés druze et chrétienne de Suwayda. Ils ont attiré l’attention sur les enlèvements, les disparitions, l’insécurité des déplacements et les obstacles affectant l’accès à l’eau, à la nourriture, aux médicaments, à l’éducation et aux autres services essentiels. Ils ont demandé une protection internationale efficace, un accès humanitaire sûr et durable, la recherche des personnes disparues et un processus libre et crédible permettant aux populations concernées d’exprimer leur avenir politique sans coercition.

Dr Ali Abboud a dénoncé les violences commises contre les civils alaouites dans la région côtière, ainsi que les détentions, les disparitions et les enlèvements de femmes et de filles. Il a recommandé une surveillance internationale des prisons, la comparution rapide des détenus devant une juridiction ou leur libération, la protection des témoins et la création d’un mécanisme chargé d’établir le sort des personnes disparues. Il a également appelé à combattre les discours de haine, à évaluer les risques avant tout retour de réfugiés et à refuser toute justice sélective.

Au nom du Centre Zagros, Mme SAREMI a formulé plusieurs recommandations : protéger tous les civils sans discrimination, prévenir les représailles et les punitions collectives, garantir la protection des femmes et des filles, et permettre aux défenseurs des droits humains de travailler sans intimidation. Elle a demandé des enquêtes indépendantes et crédibles, la préservation des preuves, des procès équitables, des réparations pour les victimes et une justice transitionnelle conforme au droit international. Elle a appelé les autorités de transition et tous les acteurs contrôlant des territoires à coopérer avec les mécanismes internationaux.

Enfin, les intervenants ont demandé à la communauté internationale de soutenir la société civile syrienne et de garantir la participation réelle des femmes et des minorités à la reconstruction institutionnelle. Le message commun fut clair : aucune paix durable ne pourra être construite sans protection, égalité, responsabilité, vérité et justice pour toutes les communautés de Syrie.

Centre Zagros pour les Droits de l’Homme