{"id":2438,"date":"2026-07-28T16:00:25","date_gmt":"2026-07-28T14:00:25","guid":{"rendered":"https:\/\/zagros-centre.org\/?p=2438"},"modified":"2026-07-28T16:14:07","modified_gmt":"2026-07-28T14:14:07","slug":"liberte-dassociation-observations-du-centre-zagros-au-comite-des-droits-de-lhomme-de-lonu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/zagros-centre.org\/?p=2438","title":{"rendered":"Libert\u00e9 d&rsquo;association : observations du Centre Zagros au Comit\u00e9 des droits de l&rsquo;homme de l&rsquo;ONU"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/zagros-centre.org\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/subm-comments-general-cso-19-centre-zagros.pdf\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-1682\" src=\"https:\/\/zagros-centre.org\/wp-content\/uploads\/2023\/09\/PDF_icon.png\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"75\" \/><strong>PDF<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Centre Zagros pour les droits de l&rsquo;homme a soumis ses observations \u00e9crites dans le cadre de l&rsquo;appel \u00e0 contributions du Comit\u00e9 des droits de l&rsquo;homme pour la deuxi\u00e8me lecture du projet d&rsquo;Observation g\u00e9n\u00e9rale n\u00b0 38 sur l&rsquo;article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (droit \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;association).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Notre soumission est d\u00e9sormais disponible sur le site officiel du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l&rsquo;homme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle porte sur deux axes principaux : la protection de l&rsquo;espace civique pour les associations repr\u00e9sentant des minorit\u00e9s ethniques et religieuses \u2014 notamment en Iran, en Irak, en Syrie et en Turquie \u2014 ainsi que l&rsquo;articulation entre la libert\u00e9 d&rsquo;association (art. 22), la libert\u00e9 d&rsquo;expression (art. 19) et la libert\u00e9 de r\u00e9union pacifique (art. 21).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous formulons 11 recommandations concr\u00e8tes \u00e0 l&rsquo;intention du Comit\u00e9, ancr\u00e9es dans les r\u00e9alit\u00e9s document\u00e9es par notre organisation sur le terrain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Observations sur le projet d\u2019Observation g\u00e9n\u00e9rale n\u00b0 38 du Comit\u00e9 des droits de l\u2019homme<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Soumis \u00e0 l\u2019occasion de la 146\u1d49 session \u2014 juin 2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>I. PR\u00c9SENTATION DU CENTRE ZAGROS ET OBJET DE LA PR\u00c9SENTE SOUMISSION<\/strong><br \/>\n<strong>1.<\/strong> Le Centre Zagros pour les Droits de l\u2019Homme est une organisation de la soci\u00e9t\u00e9 civile qui documente les violations des droits de l\u2019homme et plaide pour leur protection dans une perspective globale. Ses travaux portent sur les droits des femmes, les droits des minorit\u00e9s ethniques et religieuses, la libert\u00e9 d\u2019expression, la libert\u00e9 d\u2019association et les droits des d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019homme. Le Centre Zagros intervient principalement en Iran, en Irak, en Syrie, en Turquie et dans d\u2019autres contextes caract\u00e9ris\u00e9s par des restrictions syst\u00e9matiques de l\u2019espace civique. Il travaille aux c\u00f4t\u00e9s de communaut\u00e9s diverses \u2014 minorit\u00e9s ethniques et religieuses, femmes d\u00e9fenseures des droits de l\u2019homme, syndicalistes, journalistes, avocats et membres d\u2019associations culturelles \u2014 confront\u00e9es \u00e0 la r\u00e9pression \u00e9tatique. C\u2019est \u00e0 partir de ce travail quotidien de terrain que nous soumettons les pr\u00e9sentes observations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2.<\/strong> Nous adressons ces observations au Comit\u00e9 dans le cadre de l\u2019appel \u00e0 contributions pour la deuxi\u00e8me lecture du projet d\u2019Observation g\u00e9n\u00e9rale n\u00b0 38 (ci-apr\u00e8s \u00ab le projet \u00bb). Ces observations portent principalement sur deux dimensions : la protection de l\u2019espace d\u00e9volu \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile, et l\u2019articulation entre l\u2019article 22 et les droits \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019expression (article 19) et \u00e0 la r\u00e9union pacifique (article 21).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3.<\/strong> Le Centre Zagros demande que la pr\u00e9sente soumission soit rendue publique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>II. OBSERVATIONS G\u00c9N\u00c9RALES : LES ACQUIS DU PROJET ET LES POINTS \u00c0 RENFORCER<\/strong><br \/>\n<strong>4.<\/strong> Le Centre Zagros salue la qualit\u00e9 d\u2019ensemble du projet. Plusieurs points m\u00e9ritent d\u2019\u00eatre reconnus comme des acquis pr\u00e9cieux. Le paragraphe 7 affirme que le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association n\u2019est pas conditionn\u00e9 par une autorisation formelle de l\u2019\u00c9tat, protection essentielle pour les associations non enregistr\u00e9es, dont la situation est particuli\u00e8rement pr\u00e9caire dans les \u00c9tats o\u00f9 nous travaillons. Le paragraphe 14 reconna\u00eet explicitement le droit des associations de chercher, recevoir et utiliser des financements provenant de l\u2019\u00e9tranger, sans risquer d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9es d\u2019\u00ab agents \u00e9trangers \u00bb. Le paragraphe 34 introduit la notion d\u2019\u00e9valuation cumulative des mesures, une innovation que nous saluons vivement. Enfin, le paragraphe 49 ferme la porte aux justifications de type \u00ab transparence publique \u00bb avanc\u00e9es \u00e0 l\u2019appui des lois sur les agents \u00e9trangers, en rappelant que la liste des buts l\u00e9gitimes vis\u00e9s \u00e0 l\u2019article 22 (2) est exhaustive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>5.<\/strong> Ces \u00e9l\u00e9ments constituent un socle solide. Nos observations visent \u00e0 renforcer certains points sp\u00e9cifiques, \u00e0 combler quelques lacunes et \u00e0 ancrer davantage le texte dans les r\u00e9alit\u00e9s v\u00e9cues par les associations repr\u00e9sentant des minorit\u00e9s ethniques et par les d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019homme dans les contextes autoritaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>III. OBSERVATIONS SUR LE PARAGRAPHE 9 : PERSONNES PARTICULI\u00c8REMENT TOUCH\u00c9ES<\/strong><br \/>\n<strong>6.<\/strong> Le paragraphe 9 dresse la liste des personnes dont le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association est expos\u00e9 \u00e0 un impact diff\u00e9renci\u00e9 et aggrav\u00e9. Le Centre Zagros se f\u00e9licite de l\u2019approche intersectionnelle adopt\u00e9e ainsi que de la mention des d\u00e9fenseurs des droits environnementaux et fonciers, des personnes migrantes et des demandeurs d\u2019asile.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>7.<\/strong> Nous recommandons n\u00e9anmoins que le Comit\u00e9 renforce ce paragraphe sur deux points.<br \/>\nLes associations repr\u00e9sentant des minorit\u00e9s ethniques, linguistiques et religieuses. Si le paragraphe 9 mentionne les \u00ab peuples autochtones \u00bb, il ne nomme pas explicitement les minorit\u00e9s nationales et ethniques, dont les associations font pourtant l\u2019objet d\u2019une surveillance accrue et de restrictions syst\u00e9matiques dans de nombreux \u00c9tats parties. Dans les contextes que documente le Centre Zagros &#8211; Iran, Irak, Syrie, Turquie et au-del\u00e0 &#8211; les associations repr\u00e9sentant des communaut\u00e9s minoritaires diverses (Kurdes, Baloutches, Arabes, Az\u00e9ris, Mand\u00e9ens, Y\u00e9zidis, Assyro-Chald\u00e9ens et autres minorit\u00e9s ethniques et religieuses) sont r\u00e9guli\u00e8rement d\u00e9sign\u00e9es comme des menaces pour l\u2019\u00ab unit\u00e9 nationale \u00bb ou la \u00ab s\u00e9curit\u00e9 nationale \u00bb. Cette d\u00e9signation ne repose pas sur des comportements violents mais sur l\u2019identit\u00e9 m\u00eame que ces associations repr\u00e9sentent. Le Comit\u00e9 devrait pr\u00e9ciser que les restrictions touchant de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e les associations constitu\u00e9es sur une base ethnique, linguistique ou religieuse sont pr\u00e9sum\u00e9es incompatibles avec l\u2019article 22, lu conjointement avec les articles 26 et 27 du Pacte.<br \/>\nLes associations soumettant des informations aux organes conventionnels. Le Centre Zagros a document\u00e9 de nombreux cas dans lesquels des membres d\u2019associations ont \u00e9t\u00e9 poursuivis, d\u00e9tenus ou frapp\u00e9s d\u2019interdiction de voyager directement \u00e0 la suite de la soumission d\u2019observations aux organes conventionnels des Nations Unies ou de rencontres avec des rapporteurs sp\u00e9ciaux. Cette pratique constitue une forme particuli\u00e8rement grave d\u2019ing\u00e9rence, car elle vise \u00e0 couper la soci\u00e9t\u00e9 civile de l\u2019architecture internationale de protection des droits de l\u2019homme. Le paragraphe 9 devrait nommer explicitement les associations qui s\u2019engagent aupr\u00e8s des m\u00e9canismes internationaux comme des entit\u00e9s particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables aux repr\u00e9sailles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 1 (paragraphe 9).<\/strong> Ajouter une r\u00e9f\u00e9rence explicite aux associations repr\u00e9sentant des minorit\u00e9s ethniques, nationales ou linguistiques, ainsi qu\u2019\u00e0 celles qui s\u2019engagent aupr\u00e8s d\u2019organes internationaux de droits de l\u2019homme, comme cat\u00e9gories particuli\u00e8rement expos\u00e9es \u00e0 un impact diff\u00e9renci\u00e9 des restrictions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>IV. OBSERVATIONS SUR LE PARAGRAPHE 10 : LE DROIT AUX ASSOCIATIONS \u00ab CONTROVERS\u00c9ES \u00bb<\/strong><br \/>\n<strong>8.<\/strong> Le paragraphe 10 rappelle \u00e0 juste titre que la libert\u00e9 d\u2019association prot\u00e8ge \u00e9galement les id\u00e9es et les activit\u00e9s qui peuvent \u00eatre per\u00e7ues comme controvers\u00e9es, dissidentes ou d\u00e9rangeantes, et que la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique \u00bb \u00e0 l\u2019article 22 en constitue le fondement. Le Centre Zagros estime que ce paragraphe est l\u2019un des plus importants du projet et qu\u2019il m\u00e9rite d\u2019\u00eatre encore d\u00e9velopp\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<strong>9.<\/strong> Dans les \u00c9tats autoritaires, le qualificatif de \u00ab controvers\u00e9 \u00bb est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019outil rh\u00e9torique utilis\u00e9 pour justifier les restrictions. Les associations repr\u00e9sentant des minorit\u00e9s ethniques et religieuses, les syndicats ind\u00e9pendants, les mouvements de femmes, les organisations de d\u00e9fenseurs des droits de l\u2019homme et les organisations LGBTQI+ sont syst\u00e9matiquement pr\u00e9sent\u00e9s par les gouvernements comme des acteurs qui \u00ab divisent \u00bb la soci\u00e9t\u00e9 ou \u00ab menacent les valeurs traditionnelles \u00bb. La force du paragraphe 10 r\u00e9side dans le fait qu\u2019il retourne cet argument : c\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019existence d\u2019associations portant des id\u00e9es non majoritaires qui d\u00e9finit une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>10.<\/strong> Nous sugg\u00e9rons que le Comit\u00e9 renforce ce paragraphe en pr\u00e9cisant que :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">(a) le fait qu\u2019une association d\u00e9fende des positions que le gouvernement ou la majorit\u00e9 de la population d\u00e9sapprouvent ne constitue jamais, en soi, un motif l\u00e9gitime de restriction au sens de l\u2019article 22 (2) ;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">(b) la d\u00e9signation d\u2019une association comme \u00ab extr\u00e9miste \u00bb, \u00ab subversive \u00bb ou similaire ne constitue pas une justification l\u00e9gale d\u2019une restriction : une telle d\u00e9signation doit elle-m\u00eame satisfaire aux exigences de l\u00e9galit\u00e9, de l\u00e9gitimit\u00e9 et de n\u00e9cessit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique ; et<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">(c) les attaques contre les associations de groupes minoritaires constituent un signal d\u2019alarme d\u2019une r\u00e9pression plus large &#8211; et \u00e0 ce titre, le Comit\u00e9 devrait encourager les \u00c9tats \u00e0 adopter des mesures proactives pour pr\u00e9venir ces attaques, et non seulement \u00e0 y r\u00e9pondre apr\u00e8s coup.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>V. OBSERVATIONS SUR LES PARAGRAPHES 14 ET 15 : FINANCEMENT ET AUTONOMIE<\/strong><br \/>\n<strong>11.<\/strong> Le paragraphe 14 reconna\u00eet explicitement le droit de chercher, recevoir et utiliser des financements, y compris en provenance de l\u2019\u00e9tranger, et mentionne le risque d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab agent \u00e9tranger \u00bb. Le paragraphe 49 compl\u00e8te cette protection en pr\u00e9cisant que les justifications avanc\u00e9es \u00e0 l\u2019appui des lois sur les agents \u00e9trangers ne figurent pas parmi les buts l\u00e9gitimes de l\u2019article 22 (2). Le Centre Zagros salue ces deux dispositions et les consid\u00e8re comme un apport majeur du projet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>12.<\/strong> Nous souhaitons que le projet approfondisse ces points sur deux aspects.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A. La stigmatisation comme restriction en soi<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>13.<\/strong> Les lois sur les \u00ab agents \u00e9trangers \u00bb produisent leurs effets dissuasifs principalement par la stigmatisation publique, et non seulement par les sanctions formelles qu\u2019elles pr\u00e9voient. Lorsqu\u2019une organisation est tenue d\u2019apposer la mention \u00ab agent \u00e9tranger \u00bb sur l\u2019ensemble de ses communications, elle est en pratique discr\u00e9dit\u00e9e aux yeux du public, des bailleurs de fonds potentiels et des pouvoirs publics avec lesquels elle interagit. Cet effet dissuasif est d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 et constitue une restriction au droit d\u2019association ind\u00e9pendamment de toute sanction ult\u00e9rieure.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>14.<\/strong> Nous recommandons que le Comit\u00e9 pr\u00e9cise, dans ce contexte ou au titre du paragraphe 14, que les obligations de signalement ou d\u2019\u00e9tiquetage qui cr\u00e9ent une stigmatisation publique d\u2019une association en raison de ses sources de financement \u00e9tranger constituent une restriction au sens de l\u2019article 22 (2) et doivent en cons\u00e9quence satisfaire aux exigences de l\u00e9galit\u00e9, de l\u00e9gitimit\u00e9 et de n\u00e9cessit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>B. Le gel des avoirs comme dissolution de fait<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>15.<\/strong> Le paragraphe 30 mentionne le d\u00e9tournement des mesures de lutte contre le terrorisme et contre le blanchiment de capitaux. Le Centre Zagros attire l\u2019attention du Comit\u00e9 sur le gel des avoirs comme outil particuli\u00e8rement redoutable : une association dont les comptes sont gel\u00e9s est effectivement dissoute sans proc\u00e9dure formelle, sans d\u00e9cision judiciaire et sans recours rapide. Ce m\u00e9canisme est r\u00e9guli\u00e8rement utilis\u00e9 contre des associations de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme dans les contextes que nous observons.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 2 (paragraphes 14 et 30).<\/strong> Pr\u00e9ciser que les mesures qui, en pratique, emp\u00eachent une association de fonctionner financi\u00e8rement &#8211; telles que le gel des avoirs ou les restrictions bancaires fond\u00e9es sur des d\u00e9signations vagues &#8211; constituent des restrictions \u00e0 l\u2019article 22 n\u00e9cessitant un contr\u00f4le judiciaire rapide et un recours effectif.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 3 (paragraphe 14).<\/strong> Pr\u00e9ciser que les obligations d\u2019\u00e9tiquetage ou de signalement impos\u00e9es aux associations en raison de leur financement \u00e9tranger constituent elles-m\u00eames une restriction \u00e0 l\u2019article 22 et doivent satisfaire au triple test du paragraphe 2.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>VI. OBSERVATIONS SUR LES PARAGRAPHES 30 ET 34 : LA LOGIQUE DU CUMUL<\/strong><br \/>\n<strong>16.<\/strong> Le paragraphe 34 introduit une notion que le Centre Zagros consid\u00e8re comme l\u2019une des contributions les plus importantes du projet : l\u2019\u00e9valuation in globo de l\u2019environnement dans lequel op\u00e8rent les associations. Comme l\u2019indique le projet, \u00ab des mesures cumulatives et indirectes peuvent violer le droit \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 une action ou omission isol\u00e9e des autorit\u00e9s ne semble pas d\u00e9terminante \u00bb. Cette approche correspond exactement \u00e0 ce que le Centre Zagros documente sur le terrain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>17.<\/strong> En Iran, par exemple, une association de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme d\u00e9fendant les minorit\u00e9s &#8211; qu\u2019elle repr\u00e9sente des Baloutches, des Arabes, des Az\u00e9ris, des Mand\u00e9ens, des Y\u00e9zidis ou d\u2019autres communaut\u00e9s &#8211; peut \u00eatre confront\u00e9e simultan\u00e9ment \u00e0 : un refus d\u2019enregistrement fond\u00e9 sur des crit\u00e8res vagues ; une d\u00e9signation informelle comme \u00ab li\u00e9e au s\u00e9paratisme \u00bb dans des rapports de renseignement non publi\u00e9s ; des contr\u00f4les fiscaux r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ; l\u2019impossibilit\u00e9 pratique d\u2019ouvrir un compte bancaire ; et des convocations r\u00e9guli\u00e8res de ses membres devant les forces de s\u00e9curit\u00e9. Aucune de ces mesures, prise isol\u00e9ment, ne constitue formellement une dissolution. Ensemble, elles rendent toute activit\u00e9 associative impossible. Le droit international des droits de l\u2019homme ne peut pas ignorer cette r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>18.<\/strong> Nous sugg\u00e9rons que le Comit\u00e9 d\u00e9veloppe le paragraphe 34 en pr\u00e9cisant :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">(a) que les \u00c9tats parties ont l\u2019obligation d\u2019\u00e9valuer l\u2019effet cumulatif de leurs politiques sur la capacit\u00e9 des associations \u00e0 fonctionner, et non seulement la conformit\u00e9 de chaque mesure prise isol\u00e9ment ;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">(b) que le harc\u00e8lement informel &#8211; convocations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, intimidations verbales, surveillance ostensible &#8211; constitue une forme d\u2019ing\u00e9rence incompatible avec l\u2019article 22 m\u00eame lorsqu\u2019il ne s\u2019accompagne d\u2019aucune sanction formelle ; et<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">(c) que lorsque le Comit\u00e9 examine des communications individuelles ou des rapports p\u00e9riodiques, il doit prendre en compte l\u2019ensemble du contexte dans lequel op\u00e8re une association, et non seulement les actes formels qui lui sont signal\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Recommandation 4 (paragraphe 34). Renforcer le principe de l\u2019\u00e9valuation cumulative en pr\u00e9cisant qu\u2019il s\u2019impose non seulement au Comit\u00e9 dans l\u2019examen des communications, mais \u00e9galement aux \u00c9tats parties dans l\u2019\u00e9laboration et la r\u00e9vision de leur l\u00e9gislation relative aux associations.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>VII. OBSERVATIONS SUR LES PARAGRAPHES 43 \u00c0 50 : LE R\u00c9GIME DES RESTRICTIONS<\/strong><br \/>\n<strong>19.<\/strong> La section V du projet, relative aux restrictions, constitue un cadre analytique solide. Le Centre Zagros formule les observations compl\u00e9mentaires suivantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>A. La l\u00e9galit\u00e9 (paragraphe 43) : l\u2019infraction d\u2019appartenance<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>20.<\/strong> Le paragraphe 43 rappelle \u00e0 juste titre que l\u2019exigence de l\u00e9galit\u00e9 implique que la base juridique soit claire, pr\u00e9cise et accessible. Le Centre Zagros souhaite attirer l\u2019attention du Comit\u00e9 sur un ph\u00e9nom\u00e8ne qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 explicitement : dans plusieurs \u00c9tats o\u00f9 nous op\u00e9rons, le simple fait d\u2019\u00eatre membre d\u2019une association d\u00e9sign\u00e9e, sans qu\u2019aucun acte violent ne soit imputable \u00e0 la personne, constitue une infraction p\u00e9nale passible de lourdes peines. Cette construction juridique viole \u00e0 la fois l\u2019article 22 et le principe de l\u00e9galit\u00e9 p\u00e9nale de l\u2019article 15 du Pacte, que le paragraphe 44 rappelle comme non d\u00e9rogeable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 5 (paragraphes 43-44).<\/strong> Pr\u00e9ciser explicitement que la criminalisation de la seule appartenance \u00e0 une association, sans exigence d\u2019un acte individuel pr\u00e9judiciable, est incompatible avec l\u2019article 22, lu conjointement avec le principe de l\u00e9galit\u00e9 p\u00e9nale de l\u2019article 15.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n<strong>B. La n\u00e9cessit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique (paragraphe 50)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>21.<\/strong> Le Centre Zagros souhaite souligner l\u2019importance du standard \u00ab n\u00e9cessaire dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique \u00bb comme crit\u00e8re autonome et exigeant. Une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique se d\u00e9finit par le pluralisme, la tol\u00e9rance et l\u2019ouverture d\u2019esprit. Une restriction qui vise pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 \u00e9touffer le pluralisme, \u00e0 emp\u00eacher des associations repr\u00e9sentant des identit\u00e9s minoritaires ou des opinions dissidentes d\u2019exister, est par d\u00e9finition incompatible avec une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique, quels que soient les buts l\u00e9gitimes invoqu\u00e9s. Ce point m\u00e9riterait d\u2019\u00eatre explicitement formul\u00e9 dans le projet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 6 (paragraphe 50).<\/strong> Pr\u00e9ciser que le crit\u00e8re de la \u00ab n\u00e9cessit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique \u00bb implique la compatibilit\u00e9 avec les exigences fondamentales du pluralisme et de la tol\u00e9rance. Une restriction ciblant sp\u00e9cifiquement les associations repr\u00e9sentant des points de vue non majoritaires ne peut satisfaire \u00e0 ce crit\u00e8re.<br \/>\n<strong>C. La s\u00e9curit\u00e9 nationale comme motif syst\u00e9matique (paragraphe 46)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>22.<\/strong> Le Centre Zagros salue le paragraphe 49, qui ferme la porte aux justifications de type \u00ab transparence publique \u00bb avanc\u00e9es \u00e0 l\u2019appui des lois sur les agents \u00e9trangers. Nous invitons le Comit\u00e9 \u00e0 aller plus loin : dans les \u00c9tats que nous observons, la \u00ab s\u00e9curit\u00e9 nationale \u00bb est invoqu\u00e9e comme motif de restriction de mani\u00e8re quasi automatique, sans que l\u2019\u00c9tat ne soit tenu de d\u00e9montrer un lien concret entre les activit\u00e9s de l\u2019association concern\u00e9e et une menace r\u00e9elle pour l\u2019existence de la nation, son int\u00e9grit\u00e9 territoriale ou son ind\u00e9pendance politique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>23.<\/strong> Le Comit\u00e9 devrait pr\u00e9ciser que la simple critique de la politique gouvernementale, la documentation de violations des droits de l\u2019homme ou la repr\u00e9sentation d\u2019une identit\u00e9 minoritaire ne constituent pas des menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale au sens de l\u2019article 22 (2). Cette pr\u00e9cision, qui peut para\u00eetre \u00e9vidente, est indispensable dans le contexte d\u2019\u00c9tats qui ont institutionnalis\u00e9 l\u2019amalgame entre d\u00e9fense des droits et atteinte \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 7 (paragraphe 46).<\/strong> Pr\u00e9ciser que la critique de la politique gouvernementale, la documentation de violations des droits de l\u2019homme et la repr\u00e9sentation d\u2019une identit\u00e9 minoritaire ne peuvent pas, en elles-m\u00eames, constituer une menace pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale au sens de l\u2019article 22 (2).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>VIII. L\u2019INTERSECTION DES ARTICLES 19, 21 ET 22<\/strong><br \/>\n<strong>24.<\/strong> Le paragraphe 2 du projet reconna\u00eet l\u2019interd\u00e9pendance entre l\u2019article 22 et les articles 18, 19, 21 et 25. Nous estimons que cette interd\u00e9pendance m\u00e9rite d\u2019\u00eatre d\u00e9velopp\u00e9e dans la section consacr\u00e9e aux restrictions, car elle a des cons\u00e9quences pratiques directes sur l\u2019\u00e9valuation de la conformit\u00e9 des mesures \u00e9tatiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>25.<\/strong> Le Centre Zagros a document\u00e9 une pratique syst\u00e9matique dans plusieurs \u00c9tats : des associations sont sanctionn\u00e9es, par voie de suspension, de retrait d\u2019agr\u00e9ment ou de poursuites contre leurs membres, non pas pour leurs activit\u00e9s organisationnelles, mais pour ce qu\u2019elles disent. Des rapports de surveillance, des communiqu\u00e9s de presse, des d\u00e9clarations publiques ou des soumissions \u00e0 des organes onusiens donnent lieu \u00e0 des poursuites fond\u00e9es sur le droit des associations plut\u00f4t que sur le droit p\u00e9nal ordinaire. Cette technique permet aux \u00c9tats de contourner les exigences de l\u2019article 19 en pr\u00e9sentant la restriction comme une mesure administrative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>26.<\/strong> Le projet gagnerait \u00e0 pr\u00e9ciser que :<\/p>\n<ul>\n<li style=\"text-align: justify;\">(a) toute restriction \u00e0 l\u2019activit\u00e9 expressive d\u2019une association &#8211; publications, prises de position publiques, communication avec des organes internationaux &#8211; doit satisfaire \u00e0 la fois aux exigences de l\u2019article 19 (3) et \u00e0 celles de l\u2019article 22 (2) ; les \u00c9tats ne peuvent pas utiliser le droit des associations pour contourner les garanties de l\u2019article 19 ;<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">(b) l\u2019organisation d\u2019un rassemblement pacifique, l\u2019appel public \u00e0 manifester ou la facilitation d\u2019une protestation sont des activit\u00e9s associatives \u00e0 part enti\u00e8re, relevant de la protection conjointe des articles 21 et 22 ; et<\/li>\n<li style=\"text-align: justify;\">(c) lorsqu\u2019une restriction touche simultan\u00e9ment \u00e0 l\u2019expression, \u00e0 la r\u00e9union et \u00e0 l\u2019association d\u2019un m\u00eame groupe, le Comit\u00e9 doit \u00e9valuer l\u2019effet cumulatif de ces restrictions sur l\u2019espace civique dans son ensemble, conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019approche introduite au paragraphe 34.<\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>27.<\/strong> Il convient \u00e9galement de noter que certaines associations sont elles-m\u00eames cr\u00e9\u00e9es pour faciliter l\u2019exercice d\u2019autres droits : associations de journalistes, barreaux, associations culturelles de minorit\u00e9s, organisations de surveillance \u00e9lectorale. Pour ces acteurs, l\u2019atteinte \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association n\u2019est pas seulement une violation en soi, elle est le moyen par lequel un \u00c9tat restreint simultan\u00e9ment une s\u00e9rie d\u2019autres droits garantis par le Pacte. Le projet gagnerait \u00e0 souligner cette dimension structurelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 8 (section V).<\/strong> Pr\u00e9ciser, dans la section consacr\u00e9e aux restrictions, que les mesures visant l\u2019activit\u00e9 expressive d\u2019une association doivent satisfaire aux exigences cumulatives des articles 19 et 22, et que leur \u00e9valuation doit prendre en compte l\u2019effet global sur l\u2019espace civique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>IX. LA DIMENSION NUM\u00c9RIQUE : AU-DEL\u00c0 DES \u00c9NONC\u00c9S G\u00c9N\u00c9RAUX<\/strong><br \/>\n28. Le paragraphe 11 reconna\u00eet que l\u2019article 22 s\u2019applique \u00e9galement aux organisations op\u00e9rant en ligne et identifie la surveillance num\u00e9rique, les coupures d\u2019Internet et la surveillance des r\u00e9seaux sociaux comme des menaces pour la libert\u00e9 d\u2019association. Le Centre Zagros appuie pleinement cette approche et souhaite attirer l\u2019attention sur deux aspects sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A. La surveillance comme ing\u00e9rence, ind\u00e9pendamment de toute sanction<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>29.<\/strong> Dans les contextes que documente le Centre Zagros, la surveillance num\u00e9rique des associations, m\u00eame lorsqu\u2019elle ne donne pas lieu imm\u00e9diatement \u00e0 des poursuites, produit un effet dissuasif puissant et document\u00e9 : les membres se retirent des groupes en ligne, les responsables s\u2019autocensurent, les associations \u00e9vitent de s\u2019engager sur des sujets sensibles. Cet effet dissuasif constitue en lui-m\u00eame une restriction \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019association.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 9 (paragraphe 30).<\/strong> Pr\u00e9ciser que la surveillance des communications d\u2019une association-y compris la surveillance num\u00e9rique-sans base l\u00e9gale pr\u00e9cise, sans n\u00e9cessit\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e et sans supervision judiciaire ind\u00e9pendante, constitue une ing\u00e9rence incompatible avec l\u2019article 22, m\u00eame en l\u2019absence de sanction formelle cons\u00e9cutive.<br \/>\nB. Les injonctions aux plateformes comme dissolution de fait<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>30.<\/strong> Dans la pratique, des \u00c9tats obtiennent la suspension de comptes ou la suppression de contenus associatifs en \u00e9mettant des injonctions adress\u00e9es \u00e0 des plateformes num\u00e9riques, sans passer par une proc\u00e9dure judiciaire. Ces injonctions constituent une forme de dissolution de fait de la pr\u00e9sence num\u00e9rique d\u2019une association, \u00e9quivalente en termes d\u2019effets \u00e0 une restriction formelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Recommandation 10 (paragraphes 11 et 37).<\/strong> Pr\u00e9ciser que les injonctions \u00e9tatiques adress\u00e9es \u00e0 des plateformes num\u00e9riques en vue de supprimer des contenus associatifs ou de suspendre des comptes constituent des restrictions \u00e0 l\u2019article 22 et doivent satisfaire aux conditions du paragraphe 2, avec un contr\u00f4le judiciaire ind\u00e9pendant.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>X. OBSERVATIONS SUR LA SECTION VI : \u00c9TATS D\u2019URGENCE<\/strong><br \/>\n<strong>31.<\/strong> Le Centre Zagros se f\u00e9licite que le projet consacre une section enti\u00e8re \u00e0 la question des \u00e9tats d\u2019urgence. Cette section rev\u00eat une importance cruciale dans les contextes dans lesquels nous travaillons, o\u00f9 les \u00e9tats d\u2019urgence sont devenus des outils de gouvernance permanente plut\u00f4t que des r\u00e9ponses exceptionnelles \u00e0 des menaces sp\u00e9cifiques. En Turquie, l\u2019\u00e9tat d\u2019urgence qui a suivi le coup d\u2019\u00c9tat manqu\u00e9 de 2016 a permis la dissolution de milliers d\u2019associations par d\u00e9cret, sans d\u00e9cision judiciaire.<\/p>\n<p><strong>32.<\/strong> Nous souhaitons que le Comit\u00e9 renforce le paragraphe 55 en pr\u00e9cisant que :<\/p>\n<ul>\n<li>(a) les d\u00e9rogations \u00e0 l\u2019article 22 ne peuvent pas \u00eatre ind\u00e9finies dans le temps et doivent \u00eatre r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9\u00e9valu\u00e9es ; un \u00e9tat d\u2019urgence d\u00e9clar\u00e9 il y a plusieurs ann\u00e9es ne peut pas justifier des restrictions permanentes sans d\u00e9monstration continue de leur n\u00e9cessit\u00e9 ;<\/li>\n<li>(b) les mesures de d\u00e9rogation ne peuvent pas cibler des associations pr\u00e9cises en raison de leur identit\u00e9 ethnique ou religieuse, m\u00eame si elles sont pr\u00e9sent\u00e9es comme des mesures g\u00e9n\u00e9rales de s\u00e9curit\u00e9 ; et<\/li>\n<li>(c) les associations qui documentent les violations commises pendant un \u00e9tat d\u2019urgence, ou qui fournissent une assistance humanitaire dans des zones de conflit, ne peuvent pas \u00eatre soumises \u00e0 des restrictions suppl\u00e9mentaires au seul motif de ces activit\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>Recommandation 11 (paragraphe 55).<\/strong> Pr\u00e9ciser que les d\u00e9rogations \u00e0 l\u2019article 22 sont limit\u00e9es dans le temps, doivent faire l\u2019objet d\u2019une r\u00e9\u00e9valuation p\u00e9riodique et ne peuvent en aucun cas viser de mani\u00e8re discriminatoire des associations constitu\u00e9es sur la base d\u2019une identit\u00e9 ethnique ou religieuse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>XI. CONCLUSION<\/strong><br \/>\n<strong>33.<\/strong> Le Centre Zagros pour les Droits de l\u2019Homme esp\u00e8re que ces observations contribueront \u00e0 une Observation g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la hauteur des d\u00e9fis auxquels sont confront\u00e9es chaque jour les associations d\u00e9fendant les droits des minorit\u00e9s, les droits des femmes, la libert\u00e9 d\u2019expression et l\u2019\u00c9tat de droit dans des contextes o\u00f9 ces valeurs sont activement combattues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>34.<\/strong> Nous travaillons avec des militants qui ont \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9s pour avoir simplement particip\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union d\u2019association, avec des avocats dont le barreau a \u00e9t\u00e9 dissous par d\u00e9cret, avec des journalistes dont l\u2019association professionnelle a \u00e9t\u00e9 qualifi\u00e9e de menace terroriste. Pour eux, une Observation g\u00e9n\u00e9rale solide sur l\u2019article 22 n\u2019est pas un texte de doctrine, c\u2019est un instrument de protection concret.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>35.<\/strong> C\u2019est dans cet esprit que nous soumettons ces observations, et nous remercions le Comit\u00e9 pour le travail consid\u00e9rable accompli lors de la premi\u00e8re lecture. Le r\u00e9capitulatif de nos recommandations figure ci-dessous.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>R\u00e9capitulatif des recommandations<\/strong><br \/>\n<strong>Rec. 1 (\u00a7 9).<\/strong> Ajouter une r\u00e9f\u00e9rence explicite aux associations de minorit\u00e9s ethniques\/linguistiques et \u00e0 celles engag\u00e9es aupr\u00e8s de m\u00e9canismes internationaux comme cat\u00e9gories particuli\u00e8rement expos\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 2 (\u00a7 14\/30).<\/strong> Le gel des avoirs ou les restrictions bancaires constituent des restrictions \u00e0 l\u2019art. 22 n\u00e9cessitant un contr\u00f4le judiciaire rapide.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 3 (\u00a7 14).<\/strong> Les obligations d\u2019\u00e9tiquetage ou de signalement li\u00e9es au financement \u00e9tranger constituent une restriction au sens de l\u2019art. 22 (2).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 4 (\u00a7 34).<\/strong> L\u2019\u00e9valuation cumulative s\u2019impose \u00e9galement aux \u00c9tats dans l\u2019\u00e9laboration de leur l\u00e9gislation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 5 (\u00a7 43-44).<\/strong> La criminalisation de la seule appartenance \u00e0 une association, sans acte individuel pr\u00e9judiciable, est incompatible avec l\u2019art. 22 et l\u2019art. 15.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 6 (\u00a7 50).<\/strong> La \u00ab n\u00e9cessit\u00e9 dans une soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique \u00bb exige la compatibilit\u00e9 avec le pluralisme : une restriction ciblant les associations non majoritaires ne peut satisfaire ce crit\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 7 (\u00a7 46).<\/strong> La critique gouvernementale, la documentation de violations et la repr\u00e9sentation d\u2019une identit\u00e9 minoritaire ne constituent pas des menaces pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 8 (Section V).<\/strong> Les restrictions \u00e0 l\u2019activit\u00e9 expressive d\u2019une association doivent satisfaire aux exigences cumulatives des art. 19 et 22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 9 (\u00a7 30).<\/strong> La surveillance num\u00e9rique sans base l\u00e9gale constitue une ing\u00e9rence incompatible avec l\u2019art. 22.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 10 (\u00a7 11\/37).<\/strong> Les injonctions aux plateformes visant des comptes associatifs sont des restrictions \u00e0 l\u2019art. 22 n\u00e9cessitant un contr\u00f4le judiciaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Rec. 11 (\u00a7 55).<\/strong> Les d\u00e9rogations \u00e0 l\u2019art. 22 sont limit\u00e9es dans le temps et ne peuvent cibler de mani\u00e8re discriminatoire des associations fond\u00e9es sur une identit\u00e9 ethnique ou religieuse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Lien :\u00a0 <a href=\"https:\/\/www.ohchr.org\/sites\/default\/files\/documents\/cfi-subm\/2026\/359-gc38-22\/subm-comments-general-cso-19-centre-zagros-center-nter.docx\">https:\/\/www.ohchr.org\/sites\/default\/files\/documents\/cfi-subm\/2026\/359-gc38-22\/subm-comments-general-cso-19-centre-zagros-center-nter.docx<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PDF Le Centre Zagros pour les droits de l&rsquo;homme a soumis ses observations \u00e9crites dans le cadre de l&rsquo;appel \u00e0 contributions du Comit\u00e9 des droits de l&rsquo;homme pour la deuxi\u00e8me lecture du projet d&rsquo;Observation g\u00e9n\u00e9rale n\u00b0 38 sur l&rsquo;article 22 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (droit \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;association). 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